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En 1968, à Newcastle, une fillette de 11 ans assassine deux enfants de 3 et 4 ans. Considérée par toute la Grande-Bretagne comme un être démoniaque, la petite fille, vive, jolie, exceptionnellement intelligente, est jugée comme une adulte et emprisonnée.

Près de trente ans plus tard, alors que, sortie de prison à sa majorité, mère de famille, Mary essaie de refaire sa vie, Gitta Sereny la retrouve et la convainc de rouvrir avec elle, dans de longs entretiens, le dossier de ses crimes. Toute la vie de Mary défile. Elle la revit à mesure, plonge dans les semaines qui ont conduit à la tragédie, puis dans ses années de captivité, raconte cette histoire qui est aussi l’histoire d’une lente reconstruction, d’une sortie progressive de l’horreur – celle dont elle s’est rendue coupable et celle dans laquelle sa mère l’avait plongée dès sa petite enfance, ce cauchemar que Mary, arrivée au bout d’elle-même, pourra enfin regarder en face.

Peut-on affronter sa propre monstruosité ? Comment pardonner, comment se pardonner ? Qu’est-ce que la nature humaine, qu’apprend-on à son sujet au travers des êtres terribles qui semblent l’avoir un jour trahie ? Gitta Sereny porte à son degré d’incandescence l’obsession de la vérité, et fait d’Une si jolie petite fille un grand livre sur le mal et la rédemption, d’une force et d’une profondeur qui donnent le vertige.

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Je remercie Babelio et les éditons Point pour ce roman. 

 

Ce roman m’intriguait, surtout au vu du résumé, et de la « bande » qui annonce « Dans la tête d’une meurtrière de 11 ans ». J’avais très envie de lire ce roman, qui retrace la vie de Mary Bell, de lire ce qu’elle avait ressenti en commentant le crime qu’elle avait commis, puis ses années de détention. Je me voyais déjà dans sa tête, à la suivre.

Et puis en fait pas du tout. On se retrouve avec un style vraiment très particulier, où l’auteur, est une journaliste qui s’est toujours très intéressé au cas de Mary Bell, à son procès, à ce qu’elle a fait, à ce qu’elle a pu vivre avant, et après, à sa nouvelle vie de liberté. Ce roman est un reportage, une retranscription de fait et de preuves ainsi que d’entretiens avec Mary Bell, et de « ses proches ».

C’est l’auteur qui nous parle, qui nous relate des informations, ce n’est absolument pas un témoignage à la première personne comme je m’y attendais au début. Après ce début assez déstabilisant, j’étais curieuse de voir ce que ça donnait. Et j’étais toujours intéressée de lire cette histoire qui a fait la une des journaux à l’époque.

Ensuite, on a des remarques et beaucoup de retranscriptions des entretiens avec Mary Bell, donc même si ça reste style journalistique, on a quand même ces ressentis, et sa vision des choses, comment elle a vécu ces moments. Et certains ne sont vraiment pas agréables. D’autres sont touchants. D’autres encore montre comment une personne peut voir les choses différemment d’une autre. Le procès, la prison, et même le début de sa liberté ont vraiment été des moments difficiles.

Autant j’ai ressenti une distance dans ce que l’auteur nous raconte. On n’est pas impliquée comme dans un témoignage à la première personne. Autant on s’attache à Mary Bell et à ce qu’elle a vécu et subit durant sa jeunesse et tout au long de sa vie.

Alors non, ce n’est pas un roman policier, ou roman noir comme on en lit, il n’y a pas de suspense, il n’y a pas de moment glauque. Mais c’est la réalité, c’est quelque chose qui s’est vraiment passé, et j’ai été vraiment choquée de voir comment on peut juger une petite fille de 11 ans comme une adulte ; de voir pourquoi elle a fait ça ; et de voir comment la société n’est vraiment pas bien faite pour ce « genre de crime ».

Pour ma part c’est un reportage/témoignage vraiment très intéressant que j’ai apprécié sur Mary Bell.