IMG_20150823_072608

Expiation, de Ian McEwan 

CaptureK

expiation

CaptureC

Dans ces moments où l’envie de lire autre chose que des thrillers ou de la fantasy se fait sentir, j’aime trouver des livres du genre d’Expiation.

Expiation, c’est le roman d’une jeune fille qui veut devenir écrivain. C’est le roman de toute une vie, du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Ou comment se faire pardonner un crime, si pardon peut y avoir.

Ce roman est divisé en trois partie. Une première qui remonte à ces jours, et surtout ce jour fatal où Briony découvre des choses qu’elle ne devrait pas voir, ni qu’elle comprend vraiment. Dans son esprit de futur écrivain, cette journée est pour elle LA journée qui va la faire devenir adulte. Fini l’enfant qui n’écrit que des petites histoires. Elle veut faire de beaux romans. Malheureusement, les événements s’enchainent, et ce qui dans la bouche d’une adolescente de 13 ans qui veut croire à son avenir, cela tourne au drame et condamne sa famille.

Cette partie m’a beaucoup plu, car en l’espace d’une journée, on voit comment chaque personnage ressent chaque événement. Et j’ai particulièrement aimé les moments de réflexions de chacun d’eux. Où, dans ces moments « de vide » (l’attente dans la chambre, devant la fenêtre à observer dehors…) on pense sans vraiment y faire attention. J’ai trouvé ces passages vraiment plaisant à lire.

Les autres parties se consacrent plus à la guerre qui s’est déclenchée. Et même si j’ai moins apprécié cette partie où Robbie rejoins sa bien-aimé, je l’ai trouvé tout autant agréable à lire. J’ai tout de même préféré l’apprentissage de Briony au métier d’infirmière, où l’on voit les soldats blessés, les heures affreuses que passent les infirmières après les attaques, et où l’on voit vraiment les dégâts causés aux soldats. Cette partie était atroce, mais pleine d’émotion et touchante. Tout le mal qu’elles se donnent pour soigner, apaiser, et accompagné les soldats.

"Chaque secret du corps était dévoilé - un os pointant à travers les chairs, des aperçus sacrilèges d'un intestin ou d'un nerf optique. A partir de cette nouvelle et intime perspective, elle découvrait une chose simple, évidente, que tout le monde savait : un être humain était, entre autres, un objet matériel facile à délabrer et difficile à réparer"

Enfin je dirai chapeau à l’auteur pour la fin. Quelle cruauté envers le lecteur de le laisser comme ça. Ce roman est une maitrise totale de l’écriture, et du métier d’écrivain. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-qui s’est vraiment passé ? Pourquoi ne pas « faire plaisir » aux personnages pour se faire pardonner ? Pour expier une faute d’adolescente ?

"... comment un écrivain peut-il se racheter, alors que doué du pouvoir absolu de décider de la fin, il est également Dieu? Il n'a personne, ni entité ni forme supérieure à qui en appeler, avec qui se réconcilier ou qui puisse lui pardonner. il n'existe rien en dehors de lui. En imagination, il a fixé les limites et les termes. Pas d'expiation pour Dieu ni pour les écrivains, même s'ils sont athées. Cela a toujours été une tâche impossible, et là résidait justement l'intérêt. L'entreprendre, voilà l'enjeu."

Un très bon moment de lecture avec ce roman. J’aime la plume de l’auteur, qui est très agréable à lire. Je pense que je lirai d’autres romans de Ian McEwan.