IMG_20150131_175154

Le maître des illusions, de Donna Tartt

En décrochant une bourse à l'université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s'entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l'opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l'avis de ses professeurs, il tente de s'introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d'imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

 

Mon avis :

C’est un achat compulsif de ce livre juste parce que la couverture me plait trop et le résumé qui ne dit presque rien, m’a intriguée. C’est un gros pavé : 800 pages. J’ai la manie de commencer des pavés alors que je sais que je ne vais pas avancer vite à cause du travail. Mais finalement, ça été.

La première partie m’a beaucoup plu, la deuxième m’a paru plus longue. Je vous explique un peu pourquoi :

Tout d’abord ce roman est très centré sur 6 personnages : des jeunes étudiants en lettres classiques. Une classe « spéciale ». Le narrateur, Richard, est le dernier arrivé de la bande, et on découvre ses aventures au sein de cette classe assez particulière. Ces étudiants ont un style propre à eux, assez atypiques qui intrigue tout de suite le narrateur, et qui veut absolument en faire partie.

Le roman se sépare en deux parties qui tournent autour d’un évènement : le prologue ! Il se passe quelque chose, un évènement important. La première partie est de savoir comment le narrateur et les autres en arrivent à cet évènement, la deuxième est de savoir comment ils vont gérer ça.

C’est un roman centrée sur la psychologie des personnages et le sentiment de culpabilité qu’ils peuvent ressentir (ou pas). Et c’est d’ailleurs assez dérangeant comment certains ne ressentent absolument aucune culpabilité après ce qu’ils ont fait. Quand chronologiquement on arrive à l’évènement, on découvre comment chacun des personnages vont « tourner ». Comment ils vont faire face à leur manière (culpabilité, folie, alcool, suicide…). Cette partie m’a paru plus longue, pas moins intéressante, mais je ne sais pas, j’ai préféré comprendre comment on en arrive à ce qu’il se passe, plutôt que comment ils gèrent ça. C’est assez glauque en même temps de les regarder sombrer chacun leur tour à leur manière.

Richard m’a bien plu, il fait partie de ceux qui veut être intégré, mais qui ne le sont jamais complètement. Le comportement des autres le montrera à plusieurs reprises : on ne lui dit pas tout. Le fait qu’on soit dans sa tête, on ne sait pas tout non plus. Mais c’est ça qui fait aussi que je tournai les pages rapidement au début, je voulais savoir, comprendre ce qu’il se passait.

Il y a Henry : un personnage assez froid de premier abord, le « chef » de bande, rien n’est décidé ou fait sans lui. C’est toujours autour de lui que tout tourne. Il dit ce qu’il faut, pas plus, pas moins pour que les autres se montre toujours près à l’écouter. C’est un personnage que je n’ai pas aimé. Les jumeaux, par contre, eux, m’ont beaucoup plu : Camilla et Charles. Très proche (trop proche ?), ils se protègent l’un et l’autre. Et Francis, lui aussi, est un personnage sympa. Enfin Bunny : un peu le copain chiant, mais auquel on ne peut rien refuser.

Une longue chronique, mais c’est un roman qui « dérange », et du coup que j’ai bien aimé.